Portrait d’Arnaud Chartrain

Portrait d’Arnaud Chartrain

C’est la première fois que l’on s’intéresse au trail chez les Reporters, et l’on commence donc avec un portrait ! Le Trailer que nous allons vous présenter a fait la Diagonale des Fous en 2017 et y a réalisé une très grosse performance, son portrait à suivre !

Portrait :

Arnaud Chartain est un trailer de 38 ans, père de famille et originaire du Perche, une petite région du Centre de la France et expatrié dans les Alpes qui lui servent de terrain de jeu ! Son sport ne lui fait pas gagner sa vie donc à côté il est garde chasse et adore la nature, le trail est donc l’idéal pour découvrir le plein air !
Il fait régulièrement de grosses performances sur des courses reconnues, en 2017 son plus gros résultat a été réalisé sur la Diagonale des Fous justement, où il a terminé 11ème sur 1830 concurrents ayant fini, en 27h02:45 pour 162km et 9643 mètres de dénivelé !

Maintenant que vous le connaissez un peu plus, nous vous proposons de découvrir son interview !

Bonjour Arnaud, merci d’avoir accepté notre invitation

Peux-tu te décrire en trois mots ?

Arnaud : Persévérant, dur au mal et peut-être un petit peu rêveur aussi.

A quel âge as-tu commencé à courir et faisais-tu un autre sport avant ? Comment l’idée de courir t’est venue ?

Arnaud : L’idée de faire du sport m’est venue en voyant mes frères pratiquer déjà, Sylvain qui était bon en course à pied et puis en regardant le Tour de France étant gamin. Ca a vraiment été un déclic, j’avais envie d’avoir un gros niveau à vélo un jour et je me suis mis à courir un peu vers 12/13 ans, tranquillement et puis après à faire du vélo à partir de 16 ans. J’ai pris une licence à Nogent (Nogent-Le-Rotrou) au NCC à l’époque, le club qui a disparu maintenant jusqu’à une vingtaine d’années avec une pratique à l’époque qui n’était pas assez régulière pour avoir un bon niveau, avec les études, les sorties avec les copains etc…
Et puis après progressivement, je me suis réorienté à partir d’une vingtaine d’années vers le vetathlon, épreuve mixte, VTT et course à pied, et puis ça jusqu’à 27/28 ans. Ensuite, j’ai découvert le trail quant on est arrivés pour vivre à Barcelonnette, parce que là bas pour faire du vélo et du VTT c’était pas évident pour faire de la compet’ et puis j’ai vu qu’il existait ce sport là. Le trail qui m’intriguait beaucoup, donc je me suis mis à faire ça et ça a tout de suite marché donc c’est là que je me suis mis vraiment dans ce sport qui me permettait en plus de me balader en montagne en même temps, donc ça combinait vraiment deux choses que j’aimais !

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Quel a été ta plus belle émotion dans le sport et qu’est ce que cela t’a apporté ?

Arnaud : Ma plus belle émotion sportive c’est la Diagonale, de réussir cette course qui était pour moi quelque chose de mythique. Je n’imaginais pas il y a quelques années être capable de faire quelque chose comme cela, je ne voyais pas ça dans mes capacités avant de commencer le trail. Courir aussi longtemps et une épreuve aussi difficile donc réussir cette épreuve ça a été vraiment me prouver que j’étais capable de faire des choses comme ça et en plus en les réussissant plutôt bien, donc oui ça a été ma plus grande émotion sportive.

En 2013 tu avais déjà participé à la Diagonale et tu avais terminé 16ème, cette année tu a fini 11ème, qu’est ce qui a fait que tu a amélioré ta performance ?

Arnaud : D’abord le fait que depuis 2013 j’ai un entraîneur, qui m’a fait énormément progresser donc ça c’est le facteur d’amélioration principal. Je m’entraîne plus et mieux en plus et l’expérience acquise sur la première participation qui m’a permis de mieux gérer la course et puis aussi au niveau mental ! En 2013, j’y allais juste pour la finir donc le fait d’arriver à terminer 16ème c’était déjà un accomplissement, là cette année j’y allais avec une ambition plus élevée donc quelque part j’ai peut-être été capable de forcer un peu plus encore parce que mentalement j’étais plus exigent vis-à-vis de moi même par rapport au classement. Je pense que ce sont les trois facteurs qui ont fait que je me suis amélioré.

En dehors de la Diagonale, quelle course préfères-tu ? Laquelle t’a le plus marqué ?

Arnaud : J’en est fait beaucoup des courses, mais j’ai eu des émotions fortes sur l’Endurance Trail des Templiers où j’ai fait 2 fois deuxième, sur plus de 1000 coureurs au départ ! Ca a été des moments forts notamment en 2016 où j’ai très longtemps cru que j’allais la gagner cette course, puisque j’ai mené de bout en bout et je me suis fait doublé par Benoît Girondel dans la dernière côte, c’est lui qui a gagné la Diagonale des Fous cette année donc voilà… Mais oui, c’est après la Diagonale la course qui m’a le plus plu.

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« Capable de forcer un peu plus encore »

Pour 2018, as-tu des objectifs ? Et veux-tu refaire la Diagonale ?

Arnaud : Alors oui j’ai des objectifs pour 2018, on en a fixé 3 avec mon entraîneur. Au mois de Mai, l’Ultra Race à Annecy, c’est tout le tour du Lac d’Annecy par les montagnes etça fait 110 kilomètres avec 7000 mètres de dénivelé je crois. Ensuite, il y aura les Championnats de France mi-Juillet à Briançon, cette année il y a un profil qui me convient bien et ça fait 60 kilomètres avec un peu plus de 4000 mètres de dénivelé. Et puis j’ai très envie de retourner faire la Diagonale parce que sur la dynamique de 2017, ça s’est bien passé mais il y a encore une marge d’amélioration donc le dossard n’est pas pris encore mais… c’était soit ça soit l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc).
On a pas mal échangé avec mon entraîneur et d’après lui, j’ai plus le profil pour la Diagonale donc on se dit que j’ai 38 ans, j’ai pas encore 10 grosses saisons devant moi, il m’en reste encore deux grosses saisons donc maintenant que cette course je la connais, je la maîtrise, il y a peut-être moyen de faire une super perf’, d’essayer de tenter de rentrer dans les 5 premiers quelque chose comme ça là bas !

As-tu des sponsors ? Dois-tu débourser un peu d’argent personnel ?

Arnaud : Alors en sponsors, il y a les Transports Legendre qui m’aident un petit peu tous les ans, qui me payent l’entraîneur etc… Jusqu’à cette année, j’avais aussi un partenariat avec le magasin Intersport d’Albertville qui me fournissait de l’équipement, chaussures, alimentation et habillement et c’est à peut près tout. Après j’ai la chance d’être un petit peu connu, d’être invité sur des courses régulièrement donc mine de rien ce n’est pas rien, parce que les dossards sont chers ! Souvent, c’est 1 euro du kilomètre donc les courses de 100 bornes c’est 100 euros très simple à déduire ! Il y a cet aspect là, après je débourse de l’argent parce que je ne suis pas non plus une superstar et je ne cherche pas non plus des sponsors à tout prix car quelque part, je veux garder une forme de liberté aussi. Dès lors que tu as un sponsor, il y a une forme de dépendance de l’équipement vis à vis des courses auxquelles tu t’engages etc… donc voilà avoir quelques partenaires ça peut être intéressant, après je ne veux pas non plus vendre mon âme à n’importe qui ! (rires)
Je ne cours pas non plus après mais bon, ça ne me dérange pas de débourser quelques centaines d’euros sur la saison, ça reste tout de même un sport pas très cher puisque hormis des baskets, un short, un tee-shirt et quelques friandises à manger en course, enfin ça n’a rien avoir les gens qui font des sports mécaniques etc… Il y a les déplacements pour aller sur les courses, mais en habitant en Savoie, j’ai la chance des courses à proximité, quant je fais des courses loin de chez moi ce sont des choix, ce n’est pas par nécessité, c’est pour le plaisir d’associer en même temps un petit voyage et ce n’est pas un sport très onéreux malgré tout.

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Quels sont tes points fort et tes points faibles dans le Trail ? Est ce qu’à 38ans, tes performances sont toujours en hausse où la loi de l’âge commence à te rattrapé ?

Arnaud : Alors par rapport aux points forts et points faibles, mon point faible c’est clairement ma vitesse, justement du fait que j’ai pas cette culture d’athlétisme, je n’ai jamais développé des vitesses de pointe élevées. Sur un 10 bornes, je vaut 35 minutes donc c’est pas terrible pour quelqu’un qui court régulièrement à mon niveau, qui est normalement à 31 ou 32 minutes donc c’est clairement mon point faible. Mon point fort par contre, c’est d’avoir un mental très solide, d’avoir un corps solide aussi car je me blesse très peu hormis les entorses de cheville de temps en temps mais sinon c’est mon seul point de faiblesse physiquement. Et puis 3ème point fort, mes qualités au niveau digestif et physiologie, car j’ai jamais été malade en course ou eu envie de vomir etc, alors qu’il y a des gens au bout de 50 bornes qui se vident, donc ça c’est vraiment un point fort pour moi.
Pour l’aspect potentiel par rapport à l’âge, le Trail est un sport un peu particulier parce que pour la plupart des sports on va dire, au delà de 35 ans, ça devient très difficile pour rester à très haut niveau, sauf peut être dans le vélo où tu arrives à carburer jusqu’à 38/40 ans, tu arrives encore à avoir des gars qui sont pros à 40 ans. Le Trail, c’est un peu un sport particulier parce qu’on a des gens de tous âges, tu a Antoine Guillon qui finit tous les ans par exemple dans les 5 premiers de la Diagonale des Fous et il a 47 ans, ou encore Ludovic Pommeret qui est en Equipe de France, qui gagne tout et il a 42 ans donc c’est un peu particulier. Autant sur des courtes distances, des trails qui font 20 ou 30 km ça va devenir compliqué pour moi car je vais manquer de vitesse et d’explosivité mais par contre sur des distances au delà de 40 km, ce n’est pas trop un souci pour l’instant.

As-tu un rêve que tu n’a pas encore réalisé dans le trail et que tu souhaites encore réaliser ?

Arnaud : Dans ce sport, j’ai souvent été bon mais j’ai rarement été le meilleur, donc j’aimerais bien un jour gagner une vrai belle grande course au moins une fois et puis faire une vrai grosse performance sur la Diagonale des Fous. C’est vraiment une course avec laquelle j’ai un rapport particulier et elle a une autre saveur que les autres, aujourd’hui ce sont ces deux objectifs là. Parce que je sais que je ne serais jamais Champion de France, je n’ai pas la vitesse suffisante donc voilà, faire une grosse perf sur la Diagonale et gagner une grosse course de niveau national !

Merci Arnaud pour ton accessibilité et toutes tes belles réponses. A bientôt !

Crédits photos : Facebook, l’Echo Républicain, Running Savoie et Lepape-info.com

 

Les Reporters Incrédules – 20 Janvier

 

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