Portrait de Romain Heinrich

Portrait de Romain Heinrich

C’est avec nostalgie que nous revenons sur les Jeux Olympiques de Pyeongchang, et pour se faire, rien de mieux que de vous présenter des représentants tricolores importants tel que Romain Heinrich ! Ce pilote de bobsleigh de 28 ans croit en ses rêves et sa discipline, découvrez le sous tous les angles dans ce portrait/interview !

Portrait : Romain Heinrich est un pilote de bobsleigh alsacien né à Colmar en 1990, il découvrit le lancer de poids avant de se lancer en 2011 dans le bob. Il court en paire avec Loic Costerg mais aussi dans des équipages à quatre, comme aux JO de Sotchi en 2014 avec Florent Ribet et Elly Lefort en plus, ils terminent 17èmes. Il se hisse dans le rôle de pousseur, mais petit à petit il devient pilote notamment aux derniers Jeux Olympiques à Pyeongchang, avec Dorian Hauterville comme pousseur, ils finissent à la 13ème place.
En parallèle de cela, Romain a obtenu depuis 4 ans son diplôme dans le milieu industriel avec un diplôme d’ingénieur et aussi le monde de l’entreprise. Pour autant, sa carrière n’est pas terminée puisqu’il veut continuer pour développer le bobsleigh en France et former la jeune génération !

Après ce petit portrait introductif, voici l’interview de Romain qui revient sur la dernière olympiade, ses ambitions pour l’avenir et sa vision du bobsleigh

Bonjour Romain, merci d’avoir accepté notre requête

Si tu devais te décrire en 3 mots…

Romain : Pilote, ambitieux et audacieux.

Quelle est ta plus belle course jusqu’ici et pourquoi ? Quels souvenirs en gardes-tu ?

Romain : Ma plus belle course à ce jour, c’est la Coupe du Monde d’Igls en Autriche qui s’est déroulée en Décembre 2017. Avec Lionel Lefebvre mon pousseur, on est 20èmes de la 1ère manche et pour un petit centième, nous sommes autorisés à faire la seconde manche. Cela nous a motivé et on a pulvérisé notre record à la poussée, puis enchaîné sur une très belle descente ce qui nous a permis de remonter de 6 places et de finalement terminer 14ème. Cette compétition servait également de référence pour les Championnats d’Europe et nous classe 9ème, un résultat tout à fait honorable.

Avec Dorian Hauterville tu termines 13ème du concours de bob à 2 des Jeux de Pyeongchang. As-tu des regrets concernant ce classement et qu’est-ce qui reste positif dans votre performance ?

Romain : Forcément, il y a un peu de frustration car on a raté notre première journée et nos deux premières manches sont moyennes avec le 18ème et le 17ème temps. On voulait tout simplement trop bien faire et on a fait des fautes bêtes, mais la seconde journée a été très belle avec cette fois le 12ème puis le 7ème temps des manches 3 et 4, ça, c’est notre vrai niveau et des belles perfs qui nous donnent beaucoup d’espoir pour la suite ! Terminer 13ème est au final un très bon résultat, en considérant que cela faisait seulement 2 ans et demi que j’étais devenu pilote d’un bob.

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Seras-tu de la partie en 2022 à Pékin ? Quels sont tes projets à l’avenir et penses-tu rester dans le bobsleigh ?

Romain : Au regard de notre performance à Pyeongchang et de toute la marge de progression que j’ai l’impression d’avoir, j’ai clairement la volonté de me projeter jusqu’en 2022. Mon rêve, c’est d’emmener le bob à 2 et le bob à 4 de l’équipe de France sur le podium à Pékin et pour réussir ce projet, il va falloir que la fédération et les sponsors y croient et m’aident à le bâtir. L’olympiade de 2018, je me suis beaucoup débrouillé tout seul et je me suis endetté, cela permet de s’approcher du Top 10 comme on l’a démontré, mais pour la médaille il faut fonctionner différemment.

Parles nous de ton planning dans une semaine et de tes entraînements. Comment qualifierais-tu tout ceci et est-ce difficile à tenir ?

Romain : Cela dépend si on est en hiver ou en été. En été, c’est assez simple, 1 à 2 entraînements par jour, 2 à 3 séances de kiné/récup par semaine, le tout pour un volume hebdomadaire de 15h, il s’agit de développer ses qualités physiques pour mieux pousser l’hiver. On fait de la musculation, du sprint et on travaille notre explosivité en permanence, l’hiver c’est un peu plus variable, on descend en bob tous les matins sur les différentes pistes du monde. Puis l’après midi, on entretient notre forme avec des petites séances physiques très qualitatives qui doivent nous permettre d’arriver en forme pour la compétition du week-end. Les bobeurs qui réussissent sont des besogneux, il y a toujours un gros volume d’entraînement à tenir.

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« J’y suis resté par coup de foudre »

Au départ, tu étais lanceur de poids et aujourd’hui tu en es venu là. Qu’est-ce qui t’a motivé à découvrir ce sport et t’y plais-tu toujours autant ?

Romain : J’ai découvert ce sport par opportunité et par hasard, j’ai répondu favorablement à une sollicitation d’un des membres de l’équipe de France qui cherchait à renforcer le collectif de l’époque, et j’y suis resté par coup de foudre. Les sensations de ce sport sont absolument exceptionnelles, avec de la vitesse et de l’adrénaline à chaque fois, mais aussi la dimension collective, les voyages, les compétitions et la dimension mécanique et matérielle. C’est un sport très complet et donc, on ne s’ennuie jamais !

Est-ce que le bob souffre de sous-médiatisation selon toi ? Qu’est-ce qui est le plus flagrant entre ça et le manque de moyens en France pour ce sport ?

Romain : Je trouve que la médiatisation du bob n’est pas mauvaise car depuis deux ans, la Coupe du Monde est diffusée sur l’Equipe 21 et sur une année comme celle des Jeux Olympiques, on peut faire parler de nos résultats. Elle sera meilleure quand on sera tous les week-ends sur les podiums, là les gens parleront de nous mais le manque de moyens en France, c’est un autre problème. Je pense qu’on fonctionne au coup par coup, qu’on est pas capable de capitaliser pour développer et les sponsors viennent aider mais ne restent pas forcément. Au niveau de la fédération, je ne sais ni comment les budgets sont défendus auprès du ministère, ni comment ils sont gérés ensuite, on a très peu de visibilité là dessus.

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Derrière toi et les autres, est-ce qu’une génération de futurs bobeurs se construit ? Ou allons-nous assister à la mort progressive du bobsleigh en France ?

Romain : Oui, une génération de futurs bobeurs se construit avec notamment 4 jeunes pilotes qui ont entre 15 et 18 ans et s’ils s’amusent et s’investissent, ils seront prêts dans 4 ans pour faire la Coupe du Monde et prendre la relève. Mais cette génération est jeune et a encore besoin de temps donc il est de ma responsabilité d’être présent et de ne pas me blesser pendant les prochaines saisons pour tenir le flambeau Equipe de France. Dans tout les cas, ça ne sert à rien de penser négatif car il faut que les clubs et la commission de développement continuent leurs travaux de formation pendant que les athlètes de l’équipe de France et la fédération se battent pour aller chercher des médailles, chacun son job ! Ce qui pourrait tuer notre sport, c’est une mauvaise politique et un gel des financements au niveau de la fédération et des clubs, car des athlètes et des passionnés, il y en aura toujours !

Quel est ton rêve ?

Romain : Chanter la marseillaise sur le podium à Pékin en 2022.

Comment vois-tu la fin de ta carrière ?

Romain : On en est pas encore là, mais j’ai de belles choses qui m’attendent déjà avec notamment mon diplôme d’ingénieur en génie industriel et mon master d’administration d’entreprise. Le monde de l’entreprise m’attire toujours autant, donc quand je ne serais plus performant au bob ou que les conditions et l’environnement ne me permettront plus d’être performant, je basculerai sans soucis sur ma carrière professionnelle.

Merci Romain de nous avoir accordé du temps et ta gentillesse. A très bientôt !

Crédits photos : Romain Heinrich et Viesturs Lacis

Les Reporters Incrédules – 2 Mai

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