Portrait de Quentin Fillon Maillet

Portrait de Quentin Fillon Maillet

La fin de saison en biathlon est très proche et pour ce faire nous avons une belle surprise pour vous, car nous avons eu la chance d’interviewer Quentin Fillon Maillet, connu du grand public pour ses performances ! Il y a quelques semaines il s’était confié aux Reporters Incrédules, découvrez son interview ici !

Portrait : Quentin Fillon Maillet est un biathlète français né à Champagnole en 1992, il a actuellement 26 ans. Membre du Ski Club du Grandvaux, il arrive sur l’IBU Cup en 2012 (l’antichambre de la Coupe du Monde) et sera sélectionné en Equipe de France un an plus tard pour la première fois.
Son premier podium individuel arrivera sur la saison 2014-2015 à Ruhpolding avec une 2ème place sur la mass start derrière Simon Schempp (ALL), sa progression se poursuivra notamment en 2016 avec le titre mondial sur le relais mixte. Récemment, il a décroché son premier succès en Coupe du Monde à Antholz-Anterselva (ITA) et c’est à nouveau sur la mass start, un format qui lui réussit bien !

Pour compléter ce portrait introductif, voici notre entretien avec Quentin qui revient sur son début de saison, les JO d’hiver 2018 ou encore nous parle du biathlon français

Contexte : Quelques semaines se sont écoulées entre notre interview et entre temps, Quentin a donc remporté la mass start d’Antholz et réalisé deux nouveaux podiums, nous nous excusons pour le retard.

Bonjour Quentin, merci d’avoir accepté notre requête

Si tu devais te décrire en 3 mots…

Quentin : Ce n’est pas facile de me décrire en 3 mots, mais je dirais biathlète parce que c’est une partie intégrante de ma vie, simple parce que je n’ai pas envie de changer ma personnalité avec les résultats que j’ai déjà fait. Et puis j’ai une envie de rester la même personne que j’étais dans mon enfance.

Quel est ton plus beau succès en carrière et pourquoi ? Qu’est-ce qui le distingue d’un autre ?

Quentin : La course qui m’a procuré le plus d’émotions fut mon podium il y a 4 ans sur la mass start de Ruhpolding, j’étais complètement outsider et je n’avais jamais fait de podium individuel auparavant. J’ai démarré la course à vrai dire avec un peu de stress car ça faisait partie de mes premières mass start et cela signifiait que j’étais sélectionné parmi les 30 meilleurs mondiaux. Ensuite, je suis parti sur la course et j’ai fais mon tir et je me retrouve à la sortie du dernier tir en deuxième position derrière un Allemand, je voyais du monde revenir donc j’ai pris les relais et ça s’est fini au sprint où je termine 2ème pour 8 centimètres. C’est la course où j’ai été le plus proche de la victoire avec beaucoup d’émotions pour un premier podium sur une mass start et sur un site que je connais, c’était un beau moment !

La saison se rapproche de son terme, es-tu satisfait de ce que tu as fait jusqu’ici ? Qu’est-ce qu’il manquait concrètement pour aller chercher un succès ?

Quentin : Déjà je suis plutôt satisfait de ce que j’ai fait, après j’ai réussi à corriger quelques gros problèmes que j’avais sur le tir depuis la saison dernière donc j’arrive avec plus de sérénité. Et puis j’ai réalisé 4 podiums et quelques bonnes courses, sur la partie ski ça va plutôt bien et par rapport à l’année dernière je suis un peu meilleur mais c’est toujours plus compliqué de gagner du temps sur les skis que sur le tir. Il suffit de mettre un certain pourcentage sur toute la saison et ça fait des tours d’anneau en moins.

2 (Le Dauphiné)

Avant la fin de la saison, quel serait ton objectif ? Est-ce que le classement général est un bon indicateur à tes yeux ?

Quentin : Oui c’est un indicateur, déjà l’objectif serait de faire une médaille sur les Mondiaux en individuel et une victoire pourquoi pas, c’est vraiment ce qu’il me manque à mon palmarès pour le moment, parce que j’ai 13 podiums en individuel et peut être tout autant en relais (12). Le général est un indicateur car il marque la régularité sur la saison, après c’est pas quelque chose auquel je pense beaucoup, ça peut vite être piégeur de trop penser aux résultats.

On se souvient tous de tes Jeux Olympiques de Pyeongchang 2018 qui n’ont pas été ceux que tu souhaitais, comment justifierait-tu cette contre-performance ?

Quentin : J’avais ces problèmes de tir dont je parlais juste avant qui se sont révélés, dans ces périodes où c’est dû au stress, au décalage horaire et aux conditions extrêmes et j’avais ma copine et mon beau père qui ont eu des problèmes de santé à ce moment là ça et ça se passait pas super bien. C’est tout un enchaînement de choses qui sont dues à ma contre-performance, mais après j’ai pas plus réfléchi à pourquoi ça s’est si mal passé aux Jeux, c’est quelque chose dont je suis très déçu et je n’ai pas vraiment envie de revenir là dessus, que de mauvais souvenirs.

3 (Ouest France)

« Je n’ai pas envie de changer ma personnalité »

En ce moment, le biathlon français est frappant de part sa densité d’athlètes, comment la France arrive à former autant de bons biathlètes selon toi ? Est-ce selon toi un des meilleurs pays de biathlon ?

Quentin : Difficile à dire, déjà je pense avant tout que l’on a une superbe école et aussi des athlètes qui ont amenés énormément dans la discipline comme Vincent Defrasne, Raphaël Poiré et j’enoublie. Mais il y a vraiment un tas de biathlètes qui ont marqué des générations avant et qui ont testé pleins de choses pour nous et nos entraînements, et nous aussi on teste pour la génération future. C’est difficile d’expliquer exactement pourquoi on arrive à sortir de bons biathlètes, on a un bon circuit nationale qui pousse les jeunes à être performants et assez pros dans leur manière de faire, et puis ensuite il ne faut pas oublier que ce volume d’athlètes est faible comparé à l’Allemagne, la Russie etc…

Parles-nous de ton programme d’entraînement hors de semaine de course, combien d’heures de biathlon as-tu dans une semaine ? Est-ce un rythme parfois difficile à tenir ?

Quentin : Pendant l’hiver il y a des courses toutes les semaines avec des transitions entre les périodes, on s’entraîne peu mais on a 3 courses par semaine, plus les déplacements et la fatigue etc… Mais après sur le reste de la préparation on fait bien plus d’entraînement l’été avec du vélo, de la course à pied, du ski roue, de la musculation et j’en passe, on doit être aux alentours des 19 heures par semaine d’entraînements physique et après faut rajouter entre 4 et 5 heures de tir par semaine et diverses autres activités. Tout ce qui est à côté et qui n’est pas en rapport avec le biathlon compte aussi, comme les sollicitations, les journées médias, les réseaux sociaux, la gestion de notre image et aussi les obligations fiscales.

4 (Actu.fr)

Depuis quelques années, le biathlon connaît une médiatisation nouvelle qui lui permet de se faire connaître encore plus, as-tu remarqué cela sur le terrain ? En quoi est-ce bénéfique selon toi ?

Quentin : Bien sûr que j’ai remarqué, le nombre de médias qui se déplacent pour venir voir les épreuves est bénéfique car ça permet de me faire connaître et ça permet aussi de démarcher plus facilement des partenaires. C’est pas forcément quelque chose que je recherche à la base car ça peut être aussi un inconvénient parfois et c’est vraiment un problème qui n’en ai pas vraiment un, mais c’est que ça prend plus de temps. On peut pas sortir car les gens te reconnaissent facilement donc pour passer inaperçu c’est raté, et aussi ne pas parler biathlon est devenu difficile car on m’associe tout de suite à ça. C’est un problème qui n’en ai pas vraiment un, mais c’est un petit inconvénient !

Quel est ton rêve absolu ?

Quentin : Ce serait une médaille aux Championnats du monde, mais le rêve absolu serait une médaille d’or aux Jeux Olympiques. Il y a peut-être aussi gagner le classement général de la Coupe du Monde qui est un niveau au-dessus et encore plus dur qu’une médaille olympique.

Un petit mot pour tout tes supporters et ta famille ?

Quentin : Ma famille qui sont mes premiers supporters et qui l’étaient déjà avant que ça commence à bien marcher, les remercier de m’avoir emmenés jusqu’ici et de m’avoir donner cette chance parce que j’ai eu la chance de pouvoir faire du sport à ce niveau. Sans oublier tous les supporters qui sont là à m’encourager par milliers sur chaque course et qui me suivent en permanence, ça fait chaud au cœur merci à eux !

Merci de nous avoir accordé de ton précieux temps pour nous répondre, à bientôt !

Crédits photos : Nordic Mag, le Dauphiné, Ouest France et Actu.fr

 

Pavel Clauzard/Sarah Gaillard – 14 Février

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